Pension alimentaire impayée : quelles conséquences juridiques pour le débiteur ?
droit pénal et civil Linkeo / 24 Février 2025

La pension alimentaire : une obligation légale
La pension alimentaire est une somme d’argent versée périodiquement par un débiteur à un créancier (souvent un parent ayant la garde d’un enfant ou un ex-conjoint) pour assurer l’entretien et l’éducation de l’enfant ou subvenir aux besoins de l’ex-conjoint dans certains cas. Cette obligation est mentionnée dans les articles 371-2 et suivants du Code civil.
Lorsque la pension alimentaire est fixée par un jugement, elle a une force exécutoire, ce qui signifie que son paiement est obligatoire et ne peut être interrompu unilatéralement par le débiteur sous peine de sanctions.
Les conséquences financières du non-paiement
Le non-paiement de la pension alimentaire entraîne des conséquences directes sur la situation financière du débiteur :
Le recouvrement forcé
Si le débiteur cesse de verser la pension alimentaire, le créancier peut engager une procédure de recouvrement. Plusieurs moyens sont mis à sa disposition :
- La saisie sur salaire : l’employeur du débiteur peut être contraint de prélever directement le montant de la pension alimentaire sur son salaire.
- La saisie sur compte bancaire : une procédure permet de récupérer les sommes dues directement sur le compte du débiteur.
- L’intervention de la CAF (Caisse d'allocations familiales) : la CAF peut avancer la pension alimentaire au créancier et engager ensuite une procédure pour récupérer les sommes auprès du débiteur.
L’augmentation de la dette
Lorsque la pension alimentaire n’est pas payée, la dette du débiteur s’accumule, augmentée des éventuels intérêts de retard et des frais de procédure. Plus le non-paiement dure, plus la somme à rembourser devient importante.
Les sanctions pénales
Le non-paiement d’une pension alimentaire pendant plus de deux mois constitue un délit d’abandon de famille, stipulé par l’article 227-3 du Code pénal. Ce délit expose le débiteur à des sanctions pénales sévères :
- Jusqu’à deux ans d’emprisonnement.
- Une amende pouvant aller jusqu’à 15 000 €.
- En plus de ces sanctions, le débiteur peut être interdit de quitter le territoire pour l’empêcher de fuir ses responsabilités.
Les recours pour le créancier
Lorsqu’un débiteur ne verse pas la pension alimentaire, plusieurs recours sont possibles :
- La saisie directe : le créancier peut demander une saisie directe sur le salaire ou le compte bancaire du débiteur, avec l’aide d’un huissier de justice.
- Le recouvrement par la CAF : depuis 2021, l’agence de recouvrement des impayés de pension alimentaire (ARIPA) peut intervenir pour aider à récupérer les sommes dues.
- Le dépôt de plainte pour abandon de famille : cette action judiciaire permet d’engager des poursuites pénales contre le débiteur récalcitrant.
Les solutions pour éviter le contentieux
Si le débiteur rencontre des difficultés financières et ne peut plus payer la pension alimentaire, il ne doit en aucun cas arrêter les paiements de son propre chef. Voici les solutions possibles :
- Demander une révision du montant de la pension alimentaire : le débiteur peut saisir le juge aux affaires familiales pour demander une réduction de la pension en cas de baisse significative de ses revenus.
- Négocier un arrangement à l’amiable avec le créancier : un dialogue entre les parties peut permettre de trouver un compromis temporaire.
- Saisir un médiateur familial : la médiation peut être une alternative pour éviter un conflit judiciaire.
Ne pas payer une pension alimentaire expose le débiteur à des conséquences graves, tant sur le plan financier que pénal. Il faut respecter cette obligation ou, en cas de difficulté, anticiper en demandant une révision auprès du juge aux affaires familiales. Le créancier, de son côté, peut aussi faire appel à un avocat pour explorer plusieurs recours afin de récupérer les sommes dues et de garantir la protection financière de l’enfant ou de l’ex-conjoint.